Sur les traces de Christopher McCandless

Située à un peu plus de trois heures de Los Angeles, la Salvation Mountain fait partie des lieux mystiques et atypiques à ne rater sous aucun prétexte lors de votre voyage sur la côte ouest des Etats-Unis. 

Les couleurs psychédéliques de cette montagne sacrée sont devenues « célèbre » grâce au film Into The Wild de Sean Penn, sorti dans les salles de cinéma en 2007. Le film retrace la vie et les voyages de Christopher McCandless, qui, durant son périple, a fait une étape à la Salvation Moutain en 1991, et en a même rencontré son créateur, Leonard Knight

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Depuis, la Salvation Moutain fait la joie des instagrameuses et accueille des milliers de touristes, qui viennent se recueillir ou même ajouter leurs pierre à l’édifice. En effet, tous les premiers samedis de chaque mois, les « gardiens” de la montagne invitent tout ceux désireux de participer à son évolution à venir peindre et participer à cette oeuvre d’art psychédélique, en perpétuelle évolution. 

Nous avons pris la route vers le sud de la Californie, curieuses de découvrir ce lieux surprenant, une montagne de couleur en plein désert à seulement 20 minutes en voiture du Mexique. Première surprise, la Salvation Moutain est plus petite que ce que l’on imaginait. Fabriquée avec des bottes de foin et de la glaise, la montagne culmine tout de même à 60 mètres de hauteurLes couleurs, les reliefs et les typographies des parois nous donne l’impression que le monument sort tout droit de l’univers des Simpsons. 

La “montagne du salut” est avant tout un lieu de pèlerinage, une déclaration d’amour à Dieu, qui est omniprésent dans toutes les oeuvres inscrites sur la colline. 

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Leonard Knight, l’homme derrière la montagne 

Le lieu est impressionnant mais son histoire l’est encore plus. Leonard Knight, ancien GI de l’armée américaine, qui en rentrant de la guerre de corée (qui a pris fin 10 jours après son arrivée) n’a cessé d’ériger cette montagne de couleurs. Rendant visite à sa soeur à San Diego en Californie, Leonard est « frappé » par la religion et se met à répéter « Jesus I’m a sinner » sans plus pouvoir s’arrêter. Un message qui est ultra présent à la Salvation Mountain. 

La construction de la première Salvation Mountain commence au milieu des années 80, mais la montagne est construite à partir d’objets récupérés à droite à gauche et de ciment, pas franchement solide, elle s’effondre au bout de 14 ans de travaux.  Mais Leonard Knight ne se laisse pas abattre pour autant et décide de tout recommencer, en apprenant de ses erreurs pour construire un montagne plus résistante. Il utilise cette fois de la terre et des bottes de foin pour créer ses reliefs. Installé dans un vieux camion de pompier sans eau, gaz ou électricité Leonard a consacré 26 ans de sa vie,  à construire la Salvation Mountain sans relâche, avec toujours la même envie de véhiculer son message d’amour et de tolérance. 

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Slab City, le visage de l’Amérique 

Aujourd’hui, la montagne est protégée et bien entretenue, en grande partie grâce aux dons des visiteurs et au bénévoles qui s’attachent à préserver ce lieu unique. Mais ça n’a pas toujours été le cas, le gouvernement américain n’ayant pas franchement apprécié que des marginaux et un monument religieux s’installent dans ce qui était un ancien camp militaire des Marines, il firent faire des analyses truquées démontrant une forte dose de plomb dans le sol. Mais Léonard et les admirateurs de la montagne envoyèrent des échantillons à un laboratoire indépendant qui ne trouva rien d’anormal.

Si vous êtes de passage à la Salvation Mountain, je vous conseille de vous rendre à « East Jesus », un lieu tout aussi atypique, regroupant des oeuvres d’art (très très très) moderne, composées d’objets de récupérations. East Jesus est situé à seulement quelques minutes en voitures de la montagne.

Depuis des années, des milliers de voyageurs se battent pour préserver ce lieu si atypique, au coeur de la Slab City qui se revendique comme la dernière ville 100% libre des Etats-Unis. La Salvation Moutain représente la culture américaine dans toute sa singularité, ses couleurs et sa musique. 

Je vous laisse avec quelques clichés colorés ! Vous pouvez retrouver plus de photos sur les jolis blog de mes camarades d’expéditions Ana et Camille !