Narcos a fait son grand retour sur Netflix le 1er septembre dernier. Exit Pablo (à jamais dans nos coeurs), ce sont désormais 4 narcotrafiquants, piliers du cartel de Cali, qui se partagent l’affiche. Certes, ils n’égalent par le charisme du grand patron, mais en terme de violence et de coup bas en tout genre, les frangins Rodriguez savent se défendre. Les têtes pensantes de la série ont balancé du lourd pour nous prouver que Narcos, même sans Pablo, c’est de la bonne !

Depuis le début de la série, son producteur José Padilha tente tant bien que mal de nous convaincre que le personnage principal de la série n’est pas Pablo Escobar mais bien la drogue. Difficile d’y croire avec les deux premières saisons et la performance époustouflante de Wagner Moura dans le rôle du parrain colombien, qui a tout simplement éclipsé tous les autres personnages. Pour cette nouvelle saison, le gros challenge de la série était de faire table rase du passé et donc de Pablo, sans pour autant perdre son âme.

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Les compteurs à zéro

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La saison 2 nous avait laissé sur le corps de Pablito, criblé de balles et exhibé en trophée par les forces du gouvernement et paramilitaires du pays. Mais la chute du baron de la drogue a profité aux frères Rodriguez, qui sont tout simplement à la tête de la plus grande organisation de trafic de drogue au monde : le Cartel de Cali. Escobar n’était qu’une goutte d’eau dans l’océan, comparé à ces parrains qui opèrent tout en discrétion et corruption.

Commençons par une petite présentation de l’hydre à quatre têtes du Cartel de Cali. La série ne repose plus sur un personnage amoureux de la poudreuse, mais sur quatre ! Nous avons Gilberto, le commerçant du groupe, jamais très loin de son frère Miguel qui se veut beaucoup plus discret. Ainsi que Chepe, qui s’occupe d’exporter leur marché florissant à New York et Pacho, un personnage singulier qui ne fait pas vraiment dans la dentelle et qui vit son homosexualité ouvertement, dans un contexte et un milieu ou ce n’est pas très bien perçu. Un aspect de sa vie personnelle qui est évoqué, sans pour autant y réduire le personnage. Si grâce à Pacho, on peut apercevoir deux/trois paires de fesses, c’est aussi lui qui nous offre la scène la plus hardcore de la saison, avec le démembrement d’un de ses ennemis, et ce, dès le deuxième épisode. ça a le mérite de donner le ton.

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Mais parmi les personnages forts de cette saison, il y a surtout Jorge Salcedo, le responsable de la sécurité qui se retrouve pris au piège au sein du cartel et qui, pour sauver sa famille, va faire tomber le clan Rodriguez, quasiment à lui tout seul. Aujourd’hui, le vrai Jorge est toujours vivant, protégé par un programme de protection des témoins aux Etats-Unis. Il a beaucoup aidé les scénaristes de la série afin que le récit soir aussi précis que possible. Du coté de la police, l’agent Murphy a été rapatrié aux States, c’est donc Peña qui nous sert de repère et nous guide en voix off sur les images d’archives. Tout se beau monde se croise, s’évite, s’espionne, se tue même parfois, à travers des intrigues toujours bien ficelées où rien n’est laissé au hasard.

Drogue et corruption

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Rassurez-vous, le sang coule toujours autant. Selon moi, le gros point fort de cette saison se trouve dans son rythme, beaucoup plus intense que l’aire Pablo. Au début de la saison, le Cartel a passé un accord avec les autorités américaines : s’ils cessent leurs activités liées à la drogue dans les 6 mois, ils n’écoperont que d’une peine minimale en cas d’arrestation. La course contre la montre est lancée et le rythme ne va faire que s’accélérer au fil des épisodes.

Peña va très vite, et douloureusement découvrir que tout le système est corrompu, son désir de faire tomber les frères Rodriguez va alors devenir viscéral et la tension, difficilement supportable.

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Un tableau géopolitique peint avec finesse, notamment grace aux images d’archives, que l’on retrouve entre autre dans le générique, avec Bill Clinton en référence à la célèbre « Liste Clinton », qui répertorie toutes les personnes liées de près ou de loin aux trafiques de drogues.

Et ce bon vieux Peña n’est pas au bout de ses surprises puisqu’on le retrouvera l’année prochaine pour une quatrième saison au Mexique ! Alors, heureux ?

Le défi de cette nouvelle saison était de savoir si Narcos pouvait « survivre » sans la figure emblématique qu’est Pablo Escobar. J’ai envie de vous dire que le challenge est relevé, avec notre cher Peña qui se bat de toutes ses forces contre un monstre à plusieurs tête qui ne fait que se déplacer et se multiplier. José Padilha avait bel et bien raison, le personnage principal de cette série n’est ni plus ni moins que la drogue, et la traque de Pablo Escobar n’était que le commencement.