Attention, si vous n’avez pas vu la saison 4, cet article contient des spoilers.

La troisième saison nous avait un peu laissé sur notre faim, mais la série la plus visionnée sur Netflix signe un excellent retour pour cette saison 4. Au programme, un mélange explosif de guerre des clans, humour décapant et critique sociale.

Le premier épisode s’ouvre là ou on a laissé la série l’année dernière : une pool party dans le lac. Très vite, cette vision idyllique fait place à un avenir sombre pour les détenues avec l’arrivée en masse de nouvelles prisonnières, rendant Litchfield surpeuplé. De nouveaux gardes font aussi leur entrée en prison, cherchant à régner en maîtres tyranniques, le ton est vite donné.

« Cette prison est en train de se transformer en une expérience sociale grotesque » , lance Alex. Face à elle, une détenue est debout sur une table depuis plus deux jours, une torture infligée par un nouveau garde.

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Les prisonnières qui entretenaient auparavant des relations cordiales -voir amoureuses- avec leurs gardiens, déchantent peu à peu. Les remplaçants sont d’anciens vétérans, ils instaurent un climat anxiogène et deviennent de vrais bourreaux autant physiquement que psychologiquement.

Cette 4ème saison voit arriver un nouveau Caputo, bien loin de son image de grand dadais naïf, un peu boulet sur les bords. Il est désormais un directeur engagé pour ses détenues. Il veut améliorer leur quotidien, même si cela va à l’encontre de la productivité. Mais il va se retrouver confronté à une MCC (management & correction corporation) complètement déconnectée de la réalité carcérale et au désintérêt des nouveaux possesseurs de la prison face aux conditions de vie des détenues, n’ayant pour but que le rendement et l’économie maximale. À travers le personnage de Caputo, la série dénonce un réel problème de société, dans les vraies prisons, surpeuplées et aux conditions de vie de plus en plus rudes.

Pour les fans de la première heure, rassurez vous, l’humour est encore bien présent dans la série. Surtout grâce au groupe des afro-américaines avec Taystee en secrétaire, Crazy Eyes qui vit sa première histoire d’amour 😳 , Poussey en groupie

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On assiste aussi à la décente aux enfer de Piper, qui cherchant à protéger son affaire de petites culottes, joue avec le feu et se retrouve leader d’un groupe néo-nazis de détenues blanches prônant le « white power ».

Alex, Red et Lolly se retrouvent quant à elles, complices de meurtre. Le cadavre enterré dans le jardin sous les plants de tomate est vite découvert et fait grimper la tension encore d’un cran dans le pénitencier. Lolly sera « sacrifiée » pour couvrir les autres, après nous avoir offert une histoire personnelle tout aussi attachante que tragique.

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De petit drame en petit drame, tout bascule. Les Blanches se liguent contre les Dominicaines qui se liguent contre les Noires qui se liguent contre les Latinas, le tout envenimé par des gardes ravies de voir les détenues s’entre-tuer. Cette escalade de tension atteint son paroxysme dans le douzième épisode, où Poussey Washington, un des personnages préférés des fans de la série, trouve la mort dans une scène de chaos au milieu de la cafétéria.

 

La vie des Noir-e-s ne compte pas”, énonce Janae, une référence au mouvement “Black Lives Matter”, né sur les réseaux sociaux après qu’un américain ait été acquitté du meurtre d’un jeune noir, Trayvon Martin.

Ce dénouement clôt également un thème récurent de cette saison : le temps. Les détenues se demandent souvent ce qu’elles feraient si elles pouvaient remonter le temps, éviter la prison, la drogue, changer de fréquentation…

Le final nous laisse sans voix, la chair de poule et la rage au ventre. Les 5 dernières minutes de l’épisode sont d’une intensité incroyable. On fait alors face à la détresse des détenues suite au décès de Poussey et à la surpuissance des gardiens et des dirigeants de la prison. Les clans éclatent, toutes les détenues font désormais partie de la même équipe, prête à se défendre, quoi qu’il en coûte.

Piper n’est plus la tête d’affiche de la série, elle est une simple détenue dans une série chorale qui réussit l’exploit de mettre en avant plus d’une quinzaine de personnages principaux. On regrette tout de même la non-évolution de Poussey, cantonnée au rôle de l’amoureuse un peu niaise jusqu’à sa mort. Ainsi que Sophia Burset, dont le retour aurait mérité d’être plus approfondi. Après une lutte compliquée et éreintante pour sortir du trou, elle se retrouve au milieu des autres détenues comme si de rien était, dommage.

Mêlant avec beaucoup d’intelligence comédie, drame et critique de la société, OITNB se positionne plus que jamais comme une série engagée au travers de cette 4ème saison. Le final explosif nous promet une saison 5 détonante, allez courage, plus qu’un an d’attente.