Assayas is back

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Deux ans après Sils Maria, sélectionné à Cannes et nommé à six Césars, Olivier Assayas est de retour avec « Personal Shopper » dans lequel il dirige de nouveau la jeune Kristen Stewart, déjà à l’affiche de son précédent film. En compétition officielle au Festival de Cannes en mai dernier,  « Personal Shopper » n’a pas été aussi bien accueilli, récoltant plus de sifflets que d’applaudissement. 

Ne vous basez pas sur son titre, « Personal Shopper » est très loin de l’héroïne un peu gauche, accro à la mode et qui court partout fixée sur des talons de 15’… Non, vous n’y êtes pas, on en est même très loin ! Assayas qui a toujours aimé le surnaturel nous plonge dans un thriller fantastique qui aborde la vie après la mort. Un peu moins funky que « Confessions d’une accro au shopping », je ne vous le fais pas dire. 

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Synopsis 

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Maureen, une jeune américaine à Paris, s’occupe de la garde-robe d’une célébrité. C’est un travail qu’elle n’aime pas mais elle n’a pas trouvé mieux pour payer son séjour et attendre que se manifeste l’esprit de Lewis, son frère jumeau récemment disparu. Elle se met alors à recevoir sur son portable d’étranges messages anonymes…

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La vie après la mort ?

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Assayas propose un film mêlant thriller, fantastique, drame et horreur… Sacré programme ! Le film est à mi-chemin entre Valley of love et Ghost, on y retrouve le pèlerinage d’une soeur qui erre dans Paris, ville où son frère jumeau est décédé, dans l’attente désespérée d’un signe de sa part.

Personal Shopper questionne sur l’existence de l’au-delà et la possibilité de rentrer en contact avec être disparus, mais aussi sur le rapport à la technologie (une habitude chez Assayas)

On se retrouve avec des séances de spiritisme un peu douteuses qui font malheureusement basculer le film dans le kitsch, en une version un peu plus arty et hype de « Paranormal Activity », avec des apparitions blafardes, des portes qui claquent, de la musique tapageuse et des lumières qui s’allument toutes seules… Une tension qui n’arrive pas à s’installer et encore moins à effrayer. Sans oublier le dialogue affreusement gênant entre Kristen Stewart et les lampadaires ou autres accessoires de tuyauteries supposés servir de moyen de communication avec l’au-delà. 

Le film met en avant le questionnement autour de l’existence de cet autre monde, sachant que dès les premières minutes, on se demande si Maureen, aveuglée par son deuil, ne fabrique pas elle-même les supposés signes envoyés par son frère.

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Textoter avec les fantômes..

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Assayas a la fâcheuse manie d’insérer des outils contemporains dans ses films, parfois cela fonctionne, parfois non. Ici, on est un peu mitigé. On retrouve la société de consommation avec le prêt-à-porter, les robes, les bijoux… et les nouvelles technologies avec les smartphones, skype, les ordinateurs portables… Alors sur le papier, on veut bien, mais quand le spectateur se retrouve contraint de visionner 20 bonnes de minutes d’échanges de SMS, entre Maureen et un inconnu, qui tente de lui faire peur, même si la tension monte (enfin) d’un cran, on dit non. 

Mais avec ces SMS, Maureen pense enfin avoir accès à l’au-delà (que dieu bénisse la wifi), puisqu’elle croit communiquer avec son frère. Oui, dit comme ça, c’est absurde, sinon ça ferait un bail que Claude François nous aurait envoyé un iMessage pour faire taire Matt Pokora, mais dans le film c’est plutôt bien foutu. 

Assayas invite le spectateur à se questionner sur notre rapport à la technologie, et le fait que nous ne connaissons pas toujours avec qui nous correspondons. Faites pas genre, on sait très bien que vous avez déjà connu ça sur TinderLe réalisateur arrive à nous tenir en haleine un petit moment avec ce procédé, en faisant un outil narratif mais aussi une critique de la société

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Un peu de frisson pour Noël.. 

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Si le talent de Kristen Stewart est indéniable, elle aura rarement été aussi transparente, n’étant pas franchement aidé par le scénario. Le film n’est pas mauvais en soi, bien au contraire, mais quelques défauts majeurs nous font un peu grincer des dents.  Cependant, « Personal Shopper », sortira le 14 décembre, vous offrant une bonne alternative aux films de fin d’année tout beaux tout doux ! Sinon vous pouvez jeter un coup d’oeil à ma propre sélection ici, j’dis ça comme ça. 

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Personal Shopper d’Olivier Assayas, au cinéma le 14 décembre