Bon, encore une fois j’ai trois mois de retard, mais je ne pouvais pas ne pas vous parler de cette petite pépite Netflix, que j’ai récemment découverte et dévorée en trois jours

The OA a débarqué sur la plateforme de streaming en décembre 2016, de manière inattendue, sans promotion ou teaser à sensation comme Netflix sait si bien le faire. Pourtant il y aura suffit de quelques jours pour que cette nouvelle production mystique, fasse sensation et enflamme les réseaux sociaux. 

Synopsis :

Prairie Johnson réapparaît après sept ans d’absence. Disparue subitement, l’enfant était aveugle ; à son retour, elle ne l’est plus. Qu’a-t-il bien pu lui arriver ? C’est ce que vont tâcher de découvrir son entourage, la science et même le FBI.

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NETFLIX, TOUJOURS PLUS FANTASTIQUE

La comparaison avec Stranger Things ou Sense 8 est inévitable, on y retrouve plus ou moins les mêmes thèmes à savoir la mort et une nouvelle dimension spatio-temporelle bien flippante.

La première saison est composée de huit épisodes, variant d’une heure à trente minutes. La série s’articule autour du thème de la mort imminente, on part donc sur une bonne ambiance festive ! Les dix premières minutes nous offrent une introduction un peu spéciale de Prairie, qui, paniquée, traverse une route en courant avant de se jeter d’un pont. Ca commence bien.

Très vite, on comprend que la jeune fille a été retenue captive pendant 7 ans et quelle a miraculeusement retrouvée la vue. Le premier épisode à peine commencé, le mystère palpite déjà. 

Frustré par le comportement de Prairie, qui se fait appeler « The OA » et qui refuse de se confier au FBI ou à ses proches, on a du mal à saisir à l’intrigue. On navigue entre les pistes et les indices que le scénario nous dévoile au compte goutte, avant qu’un twist nous fasse repartir de zéro. 

ACCEPTER DE CROIRE L’INCROYABLE

Pour se laisser complètement emporter par la série, il faut accepter de faire confiance à Prairie. Qui en plus d’être légèrement agaçante sur les bords, n’a pas franchement l’air d’avoir toutes ses capacités mentales, au premier abord en tout cas.

Cette beauté lisse et froide qui au fur et à mesure que son histoire se dévoile, prend tous les visages : captive, gourou, mythomane, ange, immortelle, maitresse du temps… Elle nous embarque sur le chemin de sa vie, entre son enfance en Russie, son adoption aux Etats-Unis et sa petite cellule de captive, sans oublier ses expériences de morts imminentes qu’elle traverse à de nombreuses reprises.

Prairie choisi donc 5 personnes, 5 protagonistes à qui elle va confier le récit de ses 7 années de captivité.  Cinq compagnons à priori choisi au hasard, mais tous liés par une vie médiocre : quatre lycéens qui vacillent entre la violence, l’abandon familial, l’ambition démesurée et la quête d’identité ainsi qu’une de leur professeure en plein deuil après la mort de son frère (bonne ambiance, je vous avais prévenu). Le spectateur assiste un peu dérouté au « séance » qui se déroule au beau milieu de la nuit dans une maison abandonnée, où Prairie lève peu à peu le mystère de sa disparition et de ses voyages surnaturels.

On a juste envie de la croire. On se laisse rapidement emportée par son histoire avec Homère, ses tentatives de fuite et sa relation avec son « kidnappeur ». 

The OA

Attention accrochez-vous, c’est là que ça devient un peu beaucoup what the fuck. 

Prairie explique qu’elle a été kidnappé avec 4 autres personnes (dont Homère) par un médecin peu scrupuleux qui s’amusait à les faire mourir au nom de la scienceEn tentant de s’échaper, les 5 cobayes découvrent que certains mouvement de danse leurs permettent de voyager dans plusieurs dimensions.

Prairie s’entoure donc de ces 5 nouvelles personnes afin de l’aider à ouvrir un portail spatio-temporel (oui oui), pour retrouver ses amis, en exécutant une chorégraphie digne des clips de Sia. Une chorégraphie qui, en plus d’ouvrir les portes de dimensions inconnues entre vie et mort, permet aussi de guérir et de ressusciter les morts. Rien que ça.

Je vous l’accorde, au début j’étais un peu déroutée par cette danse très spéciale que je trouvais ridicule, mais la performance des acteurs est tellement bouleversante que l’envie de se moquer passe très vite.

En plus d’être de bons danseurs, les 5 compagnons de Prairie deviennent également des enquêteurs, tentant de regrouper le maximum de preuve sur le passé en Russie de la jeune femme. Fascinés par son récit qui leur permet d’échapper à leurs vies difficiles, ils plongent tous la tête la première dans l’histoire de Prairie qui leur promet un « ailleurs ». Mais, la vérité fini par éclater, dans le dernier épisode de la série, French trouve des livres dans la chambre de « The OA », qui lui auraient permis de créer son histoire de toute pièce. Prairie n’est qu’une imposture.

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BILAN

Le génie de cette série est d’avoir récolté des éléments des séries phares du moment comme Stranger Things ou Sense 8 et d’y avoir ajouté le thème de la mort imminente qui fascine les foules depuis toujours. The OA mêle fantastique, science, relations humaines et violence avec brio

Si le pitch est farfelu, on se met très vite à la place des 5 compagnons de Prairie, avec une folle envie de croire en son récit, de croire à cette dimension alternative qui nous fascine… Ne serait-elle pas en train de construire une secte ? Elle incarne tous les éléments du gourou, entre domination, foi, dévouement et rites mystiques.

Il est facile de passer complètement à coté de The OA. Soit on accepte de ne pas tout comprendre et de ne pas douter du récit de Prairie, soit on refuse de fermer les yeux et on refuse de tout croire. 

La deuxième option a de forte chance de vous séduire, face aux nombreuses incohérences présentes tout au long des huit épisodes. Comment a-t-elle pu se graver des inscriptions dans le dos alors quelle n’avait aucun contact physique avec les autres otages ?  Où sont passés ses co-détenus ? Comment peut-elle lire des livres en anglais alors qu’elle n’a jamais appris à lire, hormis le braille ? Tant de questions qui devraient trouver leurs réponses dans la deuxième saison de The OA, déjà annoncée pour la fin d’année sur Netflix

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